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MongoDB Aggregation Framework
Vous avez probablement entendu parlé de MongoDb, une solution NoSQL orientée document développée par 10Gen. Les documents sont stockés en JSON, et bien que vous ayez un driver disponible pour chaque language, on se retrouve souvent à coder les requêtes en javascript dans le shell mongo fourni. Je vais vous parler de la version 2.2 qui est la dernière version stable et contient le framework d’aggregation, grande nouveauté attendue par les développeurs. Pour votre information, les numéros de version de Mongo suivent le vieux modèle du kernel Linux : les numéros pairs sont stables (2.2) alors que les versions de développement sont instables (2.1). Node.js suit le même modèle par exemple.
L’aggrégation donc, qu’est ce que c’est? Pour vous faire comprendre l’intérêt nous allons prendre un petit exemple (version simplifée d’un vrai projet). Admettons que vous stockiez les connexions à votre application toute les minutes, par exemple avec un document qui ressemblerait à
{"timestamp": 1358608980 , "connections": 150}
C’est à dire un timestamp qui correspond à la minute concernée et un nombre de connexions total.
Disons que vous vouliez récupérer les statistiques sur une plage de temps, par exemple sur une heure : il faudrait alors aggréger ces données pour obtenir le nombre total de connexion et le nombre moyen par minute. Seulement voilà, MongoDb ne propose pas de “group by”, de “sum” ou de “avg” comme l’on pourrait avoir en SQL. Ce genre d’opération est même déconseillé, car fait en javascript cela prend un plus de temps que dans une base classique. C’est en tout cas à éviter pour répondre à des requêtes en temps réel. Mais bon des fois, on est obligé…
The old way : Map/Reduce
Jusqu’à la version 2.2 donc, on utilisait un algo map/reduce pour arriver à nos fins. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à lire cet article de votre serviteur expliquant le fonctionnement. Dans un algo map/reduce, Il faut écrire une fonction map et une fonction reduce, qui vont s’appliquer sur les données selectionnées par une requête (un sous ensemble de votre collection MongoDb).
La requête qui permet de selectionner ce sous ensemble serait par exemple :
// stats comprises entre 15:00 et 16:00
var query = { timestamp : { $gte: 1358607600, $lte: 1358611200 }}
La fonction map va renvoyer les informations qui vous intéressent pour une clé. Ici nous voulons les connexions pour l’heure qui nous intéresse, donc nous aurons une fonction comme suit :
// on renvoie les infos pour la clé 15:00
var map = function(){ emit(1358607600, { connections : this.connections}) }
La fonction reduce va ensuite aggréger les informations, en ajoutant les connexions totales pour la clé 15:00 et calculer la moyenne associée.
// calculer la somme de toutes les connexions et la moyenne
var reduce = function(key, values){
var connections = Array.sum(values.connections);
var avg = connections/values.length;
return { connections: connections, avg: avg}
}
Maintenant que nous avons nos fonctions map et reduce, ainsi que la requête pour remonter les données qui nous intéressent, on peut lancer le map reduce.
// dans le shell mongo
db.statistics.mapReduce(map, reduce, { query: query, out: { inline: 1 }})
Le out inline permet d’écrire la réponse dans le shell directement (sinon il faut préciser une collection qui acceuillera le résultat). On obtient une réponse du style :
{connections: 180000, avg: 3000}
en 4,5 secondes environ sur ma collection de plusieurs millions de document légèrement plus complexes que l’exemple.
The new way : Aggregation Framework
Maintenant voyons la nouvelle façon de faire avec le framework d’aggrégation. Une nouvelle opération apparaît : aggregate. Celle-ci remplace mapReduce et fonctionne comme le pipe sous Linux : de nouveaux opérateurs sont disponibles et on peut les enchaîner. Par exemple, le “group by” est simplifié avec un nouvel attribut $group. La requête qui permet de filtrer un sous ensemble de la collection est écrite avec un opérateur $match. Enfin de nouveaux opérateurs viennent nous simplifier la vie : $sum, $avg, $min, $max… J’imagine que vous avez saisi l’idée.
Ici on veut un élément match qui limite l’opération aux données de l’heure concernée, on peut réutiliser la même query que tout à l’heure. On groupe ensuite les documents avec une seule clé : celle de l’heure qui nous intéresse, puis l’on demande le calcul de deux valeurs, le nombre total de connexions (une somme) et la moyenne des connections (une moyenne donc).
db.statistics.aggregate(
{ $match: query},
{ $group: { _id: 1358607600, totalCompleted: {$sum: "$connections"}, totalAvg: {$avg: "$connections"}
}})
Le résultat est le suivant (en 4,2 secondes, soit un temps légérement inférieur au précédent) :
{ result: [{
"_id": 1358607600,
"totalCompleted": 180000,
"totalAvg": 3000
}], ok: 1}
L’avantage principal du framework d’aggrégation réside dans sa plus grande simplicité d’écriture et de lecture : plus besoin d’écrire des fonctions js soi-même pour des opérations somme toute assez courantes. Spring Data Mongo par exemple, le très bon projet de SpringSource pour vous simplifier la vie, demande d’écrire des fonctions en js pour faire du map/reduce. Vous avez donc un projet Java, qui contient quand même quelques fichiers js au milieu pour faire certaines opérations. Beaucoup attendent donc avec impatience l’arrivée du support du framework d’aggrégation dans Spring Data. Espérons qu’il ne tarde pas trop! En attendant d’autres frameworks comme Jongo l’ont déjà intégré. Il y a toutefois quelques limites comme le résultat de l’aggregate qui doit faire moins de 16Mo. Bref tout n’est pas idéal, mais ce très bon produit s’améliore à chaque version!
Meetup W3C de Lyon
Lundi 28 Octobre avait lieu à Lyon le W3C meetup. Le principe est simple, le w3c prend l’avion avec quelques uns de ses développeurs et speakers et débarque pour faire une série de mini talks sur le web. Organisé en partenariat avec le Grand Lyon, des startups du coin étaient aussi conviées à présenter leurs produits en essayant de les lier, au moins vaguement au web.

Premier bon point pour les locaux, dans l’hôtel de ville, ce qui a quand même autrement plus la classe que le bar ou l’école du coin! Par contre, pas de chaises prévues, tout le monde s’assoit par terre, pendant que les speakers se préparent pour leurs 5 à 10 minutes de talk.
On commence avec ohmytoast, une startup lyonnaise, qui propose une solution pour enrichir vos photos avec des métadonnées, du web semantique, pour créer des albums avec un sens. Le concept a l’air sympa, niveau techno, l’équipe se repose sur html5, css3 et Apache Camel pour la partie serveur.
Le deuxième talk, extrêmement court, était pour moi le plus intéressant de la soirée. En 3 minutes, Rudy Rigot nous montre l’histoire du webdesign et l’intérêt du responsive design. Prenez deux minutes pour voir ses slides, et jouer avec le resize, ca vaut le détour.
Vient ensuite, Eric Daspet qui présente Tea, une solution de lecture d’ebook dans le navigateur, qui repose donc uniquement sur des technos web. Le choix full web du reader n’a pas été simple, mais Eric voit de nombreux avantages (navigateurs présents sur tous les devices, pas de frais liés à Apple ou Google) malgré quelques inconvénients (moins de performances, pas de présence sur les marketplaces). Tea est encore en phase de développement, à revoir dans quelques mois donc.
Viennent ensuite des speakers W3C qui présentent les nouveautés HTML5. Mais bon, ça commence à sentir le réchauffé avec les différentes balises video, audio… Rien d’exceptionnel. Deux développeurs de Mozilla font une démo d’un jeu 3D qui tourne dans Firefox 16 : ils ont développé le jeu en interne (un quake-like) en C++ et un compilateur transpile le code en JS. Ils prédisent donc que de vrais jeux vont voir le jour dans le navigateur dans les prochaines années. Ils montrent également une fonction de login dans le navigateur qui permet de partager facilement des pages avec ses amis par tchat.
Les mêmes développeurs enchaînent ensuite sur une démo de Firefox OS, un OS full html, qui vise les plateformes mobiles. C’est en version très très alpha, avec peu de téléphones qui fonctionnent. Un market sera disponible, les applications étant des pur webapps, avec un packaging léger (un peu comme les webapps Chrome, un fichier json servant à la description de l’application). Des apis supplémentaires ont bien sûr été développées pour accéder à l’appareil photo, passer des appels, etc… Ces apis ont été soumises au W3C pour devenir un jour des standards accessibles dans le navigateur.
Un speaker vient ensuite parler des hyperdevices, autrement dit connecter plusieurs devices avec plusieurs technologies (websockets, réalité augmentée, web sémantique…) et propose quelques démos sympathiques mais souvent déjà vues (dessiner sur un téléphone et afficher le résultat en temps réel sur son écran de laptop…).
Dernière partie, sur les nouveautés du W3C. La seule notable est présentée par Lea Verrou, nouvelle arrivée au W3C, qui nous parle du sitee WebPlatform.org sorti ce mois-ci. L’ambition du site est de devenir la référence en matière de documentation sur les technologies web. Il devrait notamment être enrichi et traduit dans les prochaines semaines et, à terme, une API sera disponible pour permettre aux outils comme les IDEs de récupérer cette documentation.
La soirée se termine avec un buffet excellent qui permet de discuter avec les nombreux participants et quelques speakers. Pour un développeur web qui se tient un peu au courant de l’actualité, ce n’était pas une soirée extrêmement palpitante, mais elle a le mérite d’exister et d’amener quelques noms connus du W3C en France. Et puis le buffet était vraiment bien!
JUGSummerCamp 2012
Premier voyage de l’équipe NinjaSquad, direction La Rochelle pour le JUG Summer Camp. Du Java, du Web, l’océan, une conf gratuite d’une journée avec une organisation irréprochable, il faudrait être difficile pour ne pas aimer!
Keynote : Nicolas de Loof - @ndeloof
Nicolas nous a fait un numéro de stand up très drôle en parodiant le podcast bien connu dans le monde Java : les Castcodeurs. Comme aucun d’entre eux n’étaient présents, Nicolas a eu l’idée de faire un puppet show en reprenant les traits caractéristiques de chacun d’entre eux, pour faire une keynote originale sur notre métier. Franc succès dans la salle (évidemment seulement drôle si on écoute ce podcast).
La journée se déroule ensuite sur deux tracks de confèrence, il faut donc faire des choix.
Google TV : Olivier Gonthier - @rolios
Première présentation sur la Google TV, petit boîtier qui permet de faire tourner des applis Android sur votre télé, mais pas encore disponible en France (on ne connait même pas les partenariats avec les opérateurs). Le principe est simple : une prise HDMI en entrée reçoit le flux vidéo et une prise HDMI de sortie le renvoie vers la TV. A noter que le code de Google TV n’est pas open source. Sinon techniquement c’est le même market que les applis Android traditionnelles.
Commençons par le point qui fâche et qui, à mon sens, fait perdre tout l’intérêt de la chose : il n’est pas possible de récupérer le flux video, ni la chaine visionnée par l’utilisateur, donc vous pouvez oublier toutes les idées d’applications contextuelles: IMDB sur le film en cours ou les stats du match que vous êtes en train de regarder, c’est foutu!
Mais il y a deux ou trois trucs intéressants quand même : par exemple, le "second screen app", qui permet aux devices Android de s’interfacer avec la GoogleTV et de vous servir de télécommande ou mieux, d’écran annexe pour certaines applications. L’exemple que je trouve assez cool : un jeu de poker Hold’em où la TV affiche la table de jeu (avec les cartes communes et les mises) et chaque joueur voit ses cartes sur son téléphone. Ce genre d’application peut avoir un grand potentiel, je suis sûr que l’on va voir apparaître des applications géniales!
Le développement est de la programmation Android traditionnelle, le SDK étant complété avec des fonctions pures TV (touches telecommande par ex). Si vous souhaitez développer une application Android utilisant le "second screen", vous pouvez utiliser Anymote library (voir dans les exemples de code fournis par Google, dans l’application Blackjack TV).
Il est également possible de développer des applications en html5, la GoogleTV ayant un très bon navigateur Chrome intégré (très bien documenté d’après le speaker). Il est aussi possible de packager votre application avec Phonegap pour la distribuer directement sur le Market.
En plus j’ai gagné la GoogleTV du concours, yay!
Node.js : Romain Maton - @rmat0n
Romain faisait une présentation générale de Node.js (voir articles précédents et les excellents articles de Romain) avec quelques rappels sur les principes de base. C’était une présentation très orientée web-app avec le framework web Express et son moteur de template par défaut Jade (cf article précédent également).
Puis les modules importants :
- l’incontournable Socket.io pour faire des websockets
- logging avec Winston
- nodemon, redémarrage automatique dès que vous modifiez un fichier.
- forever pour relancer l’application en cas d’erreur qui coupe l’appli
- jasmine, qunit pour les tests
Et pour terminer une petite démo sympa avec la librairie speak qui fait parler le navigateur pour annoncer le prochain bus qui passe.
Start me up : Nicolas de Loof - @ndeloof
Après le buffet repas le plus incroyable pour une conf que j’aie vu (les membres de l’orga Mix-it présents étaient impressionnés), on reprend avec ‘Start me up’ ou comment passer rapidement de l’idée à la réalisation (en utilisant Cloudbees, dont Nicolas est employé). L’idée est ici de faire un mini moteur de recherche sur les talks de la conf. Nicolas utilise au passage un autre service dans le cloud que je ne connaissais pas : WebSolr, un Solr as a Service. Cloudbees on aime bien, Mix-it est hébergé gracieusement dessus et ça marche très bien (le support a toujours été très réactif en cas de problème).
La présentation est intéressante, Nicolas étant un bon speaker, mais si vous avez déjà vu une présentation de Cloudbees le contenu ne vous surprendra pas (comment déployer, comment gérer ses instances, comment déclarer des propriétés pour le déploiement etc.). La nouveauté la plus notable est sans doute le Click Start, qui permet en un clic de créer tout ce qui va bien pour un type d’application (squelette du projet, repository de code, instance jenkins, base de données et instance de run). Pour l’instant, quatre types de Click Start sont disponibles (JavaEE6, Hibernate/Tomcat, Rest/Backbone, Scala/Lift).
Du legacy au cloud : David Gageot - @dgageot
David est un excellent speaker que je vous recommande de voir si il est dans une conférence à laquelle vous assistez. Son talk est du pur live coding, sans aucun slide, et reprenait le kata de Gilded Rose où une application existante doit être refactorée. Une spécification est disponible, mais David ne recommande pas particulièrement de la lire pour commencer mais plutôt de créer des tests sur le code existant que l’on doit retravailler. La logique étant que si l’application convient aux utilisateurs actuellement, le plus important est de préserver son fonctionnement. Les tests sont assez simples à écrire, on appelle chaque méthode et on colle dans le assert le résultat renvoyé : on obtient ainsi une série de tests au vert qui seront notre sécurité.
David utilise le plugin infinitest qui relance les tests dès que le code est modifié : si vos tests sont très courts, le feed-back est immédiat.
La marche à suivre pour refactorer le code est la suivante :
- augmenter la symétrie (mettre les if/else et les equals de la même façon, en enlevant les conditions inversées par exemple).
- puis faire apparaître les duplications de code afin d’extraire de nouvelles méthodes
David finit par introduire de la délégation (un objet était passé dans toutes les méthodes de la classe), en utilisant une annotation de Lombok.
Une fois le code propre, David écrit un petit serveur http qui expose les données en JSON, déploie l’application sur heroku, puis déploie un front statique sur Github Pages (comme le blog de NinjaSquad) qui consomme les données.
Le tout en 45 minutes, en expliquant très bien ses choix et en utilisant IntelliJ avec maestria. C’est la présentation que j’ai préféré de la journée, même si parfois le refactoring était un peu magique, David connaissant bien le code et étant pressé par le temps. Si vous voulez tester le dojo par vous même, les projets sont disponibles sur le compte Github de David.
Beaglebone = Arduino^10 : Laurent Huet – @lhuet35
Laurent nous faisait descendre de quelques niveaux d’abstraction avec un talk sur Beaglebone, une carte plus puissante qu’un Arduino, un peu du même type que le Raspberry Pi. La présentation était intéressante, avec une explication générale des principes, une démo, et les technos que l’on peut faire tourner sur ce type de cartes (C/C++, Java, Python, Node.js …). Manque de chance pour Laurent, sa carte de démo avait grillé la veille (les risques du métiers), mais son talk n’en a pas été trop perturbé, bravo à lui!
Programatoo pour les grands : Audrey Neveu - @audrey_neveu et Ludovic Borie - @ludovicborie
Vous avez peut être entendu parler de Programatoo, un atelier de programmation pour initier les enfants dès l’age de 6 ans aux joies du code. Audrey et Ludovic nous ont montré les différents outils que l’on peut utiliser pour éveiller la curiosité des plus petits (je ne sais pas si cela peut fonctionner avec vos collègues également) : Scratch, KidsRuby ou encore TortueScript. Très sympa, si vous avez des enfants, ce genre d’outils devraient vous intéresser!
La journée de conf se termine déjà, l’assemblée se dirige vers le port pour un repas tous ensemble. Le JUGSummerCamp aura été une très belle journée, superbement organisée par Jerôme Petit, Orianne Tisseuil et leur équipe. L’équipe Mix-it en partie présente compte bien leur emprunter quelques bonnes idées! Si vous avez l’occasion de vous rendre à la prochaine édition, n’hésitez pas, la conférence, gratuite, est l’une des toutes meilleures en France et la Rochelle et ses alentours ne manquent pas de charme pour rester quelques jours supplémentaires!
Un an de hype!
Après plus d’un an de blog, et 18 articles, voici le moment idéal de faire un petit résumé des thèmes abordés en 12 mois de hype!
Node
Pas mal de Node.js, peut être le sujet le plus hype de l’année, avec une série d’articles d’introduction :
- Getting started with Node.js (part 1)
- Getting started with Node.js (part 2)
Un complément à cette série avec la présentation du framework web Express (et mise en oeuvre avec un exemple dispo sur github) : Node, Express et Jade.
Si vous voulez coder, il faut également un IDE pratique : Cloud9 propose un outil en ligne, prévu pour faire du node.js.
Enfin deux billets autour de l’actualité de Node et de son écosystème :
- Trello qui utilise Node (de façon assez étrange l’article le plus lu de l’année avec plusieurs milliers de lecture)
- La sortie d’un framework full stack : Meteor.js, assez intéressant pour son côté temps réél intégré.
Hadoop
La deuxième série d’article a été écrite pour le magazine Programmez et publiée en Septembre dernier. Hadoop est un incroyable outil, si vous voulez le découvrir :
- Getting started with Hadoop (part 1)
- Getting started with Hadoop (part 2)
Le site Mix-it
Une partie du succés de Mix-it de cette année est dû au site communautaire mis en place, que nous avons développé avec amour :
- Le pourquoi
- Le comment (avec plein d’outils sympas dedans).
Less
Ou comment le combo Less et Twitter Bootstrap va changer votre vie de développeur web : CSS sucks, do Less!
Play!
Sans avoir d’article vraiment consacré, Play! se retrouve un peu partout avec notamment un article assez lu sur l’annonce de la 2.0 beta à Devoxx :
- Back from Devoxx : Play! 2, hopes and fears
Vous trouverez aussi des traces de Play! dans l’article consacré à Typesafe
Des retours de conf
De la What’s next de l’année dernière à fOSSa en passant par Mix-it (vu du côté orga, comment choisit-on les sessions)
Cast-it
Le podcast qui parle Java, mais pas que, continue! Si vous n’avez pas écouté depuis l’annonce, jetez-y une oreille, l’année fut bien remplie avec des invités locaux et internationaux (Romain Guy, Pamela Fox, Guillaume Laforge…)!
Thanks all for reading!
Le site Mix-it : making-of
Mix-IT est terminé et beaucoup de participants ont apprécié le nouveau site avec ses facettes communautaires et social gaming. En tout cas, nous avons pris beaucoup de plaisir à le faire. Car oui, ce site a été entièrement développé par les soins de notre équipe, particulièrement par Cyril Lacote (qui, il faut le dire doit avoir 60% du code à lui seul), Agnès Crépet et moi même, aidé par le reste de la team, avec leurs propositions, tests et feedback.
Voici donc une liste non exhaustive des outils et technos utilisés :
Trello : nous sommes des fans de la première heure de cet outil, qui nous a beaucoup servi pour échanger (mes camarades globe trotteur étant toujours décalés de plusieurs heures). Trello permet de faire un scrumboard interactif (on est notifié des échanges sur une tache), temps reel, avec un système de vote, label et filtre. Ça n’est pas JIRA mais pour un outil gratuit, c’est un outil génial.
Github : les sources du projet sont gérées sous Git. Aucun d’entre nous n’est un expert mais nous n’avons pas rencontré de problème majeur passés les premiers réglages. Nous avons utilisé le modèle décrit par Github (voir le talk de Zach Holman, et les articles GitHub), a savoir des pull requests, revues par un autre développeur avant d’être acceptées dans le master. C’est une bonne façon de garder une ‘collective ownership’ du code, même sans commiter.
Cloudbees : l’application est hébergée gracieusement par Cloudbees, qui a de plus acceptée généreusement de nous offrir les services additionnels qui nous était nécessaires (SendGrid, base de données en mode étendu, application en mode On Demand). La plateforme est très bien réalisée, le déploiement prend quelques minutes et est très simple à configurer. Ajoutez à ça un support ultra réactif et le fait qu’un déploiement est invisible pour les utilisateurs et vous avez une plateforme de choix pour vos développements.
Techniquement, l’application est codée avec le framework Play! (1.2.4 à l’heure actuelle) : rien à dire là dessus, Cyril et Agnès ne connaissaient pas et étaient productifs en quelques heures, peu de problèmes rencontrés, et avec tout un tas de modules à disposition (recherche full text Lucene, export PDF, parser Markdown). Bref, un outil génial! Un peu de Guava en plus et nous avions nos briques côté serveur. La base de données est un MySQL (hébergement cloudbees oblige).
Côté client, rien de très original, du bon vieux jQuery pour la manipulation de DOM. Et pour faire la même chose côté serveur (en Java donc), nous avons utilisé Jerry, qui nous permet de manipuler le contenu HTML des posts Google+ pour transformer les mentions d’utilisateurs. Nous avons également utilisé un plugin jQuery bien pratique pour gérer la dirtiness des formulaires et empêcher la sortie des pages en cours d’édition : dirtyforms.
Twitter Bootstrap : probablement notre coup de coeur, car même si nous faisons tous du développement, aucun d’entre nous n’est très doué en CSS. Et là, Twitter Bootstrap peut vous sauver : c’est un bootstrap CSS qui vous donne juste ce qu’il faut de cadre pour faire une application web présentable. Inconvénient : beaucoup de sites utilisent la même chose, il faut donc faire un peu de customisation pour différencier votre site. Tous les icones utilisés proviennent de fontawesome. Nous utilisons la version Less de Bootstrap plutôt que la version CSS : pour plus d’infos voir article précédent.
Ce qui n’a jamais atteint la mise en ligne
Nous avions envie de mettre un peu de communication temps réel sur le site avec un système de notifications lorsqu’un participant auquel vous étiez relié effectuait une action sur le site. Pour ça, un projet annexe (disponible sur github également) utilisant nodejs était utilisé. Dès qu’une action était effectuée sur le site, une requête était envoyée à un serveur nodejs, qui notifiait les utilisateurs intéressés connectés (par websocket en utilisant socket.io). La notification se fait sous forme d’une notification HTML5 si disponible dans le navigateur, ou en utilisant le plugin noty. Malheureusement nous n’avons pas eu le temps de terminer cette fonctionnalité.
Maybe next year… D’ici là, vous pouvez trouver les sources sur Github et vous amusez avec!
So what is Meteor?
Il y a quelques jours, un (enième) framework javascript faisait son lancement : Meteor. Un très bon lancement d’ailleurs, avec un site agréable, 3 petites applications d’exemple, presentées avec des screencasts clairs. Cette sortie est remarquée et se retrouve rapidement commentée sur Hacker News, Twitter et Quora. Car Meteor est un framework de développement d’application web full stack en javascript qui entend bien révolutionner notre façon de coder.
Pourquoi autant d’attention pour un framework vieux de quelques jours ? Parce qu’il y a quelques idées très intéressantes à étudier! Le site annonce la couleur de suite : développer rapidement une application web de qualité dont l’une des qualités, et pas des moindres, est de pouvoir faire du temps réel. Et il faut reconnaitre que leurs démos sont enthousiasmantes : il y a longtemps que je ne m’étais pas dit ‘il faut que j’essaye ce truc!’ en regardant un framework web! Pour avoir fait un petit essai d’appli, c’est simple à mettre en oeuvre, et en une heure j’avais une petite démo qui tournait en ligne (meteor propose son service d’hébergement). L’une des fonctions extrêmement agréable en code est l’auto refresh du navigateur. Play! mettait déjà en avant son cycle de développement rapide, à la portée d’un refresh manuel d’une seconde (enfin ca c’était avant la version 2…). Ici même plus besoin de cette étape, votre navigateur est automatiquement notifié d’un changement et les affiche à l’écran. En dual-screen, c’est un bonheur à coder! Faisons un petit tour sous le capot maintenant.
Real time
Plutot que d’envoyer du html a votre client, Meteor propose d’envoyer seulement les données et de laisser le client décider de la façon dont elles doivent être affichées. La où Meteor donne son effet “wahou”, c’est par sa gestion native du temps réel. L’objet affiché dans votre navigateur a été modifié par un autre utilisateur ? No problem, Meteor va informer tous les clients de cette modification, et vous allez voir votre affichage se modifier en conséquence! C’est vraiment impressionnant d’obtenir un tel résultat sans rien coder, et rien que pour ça, prenez 5 minutes et essayez. D’autres outils proposent également de vous aider à bâtir des applications avec temps réels dont socketstream qui est très bon et s’appuie sur socket.io (le lead développeur de socketstream explique la différence de philosophie, socketstream etant beaucoup plus léger et prévu pour s’intégrer en complément d’autres frameworks). Ici Meteor a fait le choix d’utiliser SockJS, une librairie un peu équivalente. Mais pour l’instant rien ne passe par les websockets, tous les transferts de data sont par requête xhr (dans le code source il est indiqué que c’est par soucis de compatibilité avec les différentes navigateurs, mais c’est évidement modifiable). Tout se passe par un système de publish/suscribe que l’on retrouve de plus en plus et qui est très intéressant (vos clients s’abonnent à des événements qui les intéressent et réagissent en conséquence).
Auto refresh
Lorsque vous êtes en train de développer, la sauvegarde d’un fichier sur votre poste va automatiquement rafraichir le navigateur avec vos modifications. Comme je le disais en introduction, c’est un vrai bonheur et c’est quelque que l’on voit apparaître un peu partout. Ce principe de modification à chaud est aussi disponible en production : Meteor annonce qu’une nouvelle version de votre application peut être déployée de façon transparente pour vos utilisateurs (bon ça je pense que personne n’a vraiment testé…).
Node.js as runtime
Node.js gagne en maturité et devient un runtime vraiment intéressant pour bâtir des applications (pas forcément des webapps d’ailleurs). On trouve déjà des frameworks webs par poignées, l’un de mes préférés étant Express. Celui ci est différent à bien des égards par rapport à ce qu’il existe déjà, par son aspect full-stack et temps réel. Mais un point a dérangé pas mal de monde, une phrase de la doc indiquant : “In Meteor, your server code runs in a single thread per request, not in the asynchronous callback style typical of Node”. L’encapsulation de Node est donc différente de ce à quoi nous sommes habitués dans la majeure partie des cas. Mais tout ça est transparent pour le développeur, et l’équipe derrière a l’air d’avoir une certaine “street cred” (notamment les développeurs d’Etherpad, un Google Docs avant l’heure, d’ailleurs racheté par Google par la suite), donc leur choix n’est peut être pas aussi absurde qu’il peut en avoir l’air a première vue. Cette gestion différente de Node se fait grâce à la librairie node-fibers entre autre. En tout cas, même si vous n’avez jamais fait de Node.js, aucun problème pour se lancer avec Meteor, tout est transparent. Nodejs est d’ailleurs le seul prérequis pour déployer une application Meteor.
Partage du code client et serveur
Meteor est un framework full stack qui donne les outils nécessaires pour faire votre application depuis le templating client à la persistance en base de données. Mais de plus pour Meteor, vos objets javascripts clients sont les mêmes que les objets javascripts serveurs. On dénombre quelques frameworks javascripts qui ont la même idée, comme par exemple Tower.js, voire même des choses assez proches de Meteor comme Derby (beaucoup de features identiques sont présentes, au point que l’équipe de Derby a fait un billet pour expliquer leurs différences). Plus que les objets, se sont même les fonctions qui peuvent s’exécuter indifféremment côté client ou côté serveur!
Le code est à tel point partagé que par défaut, vous écrivez les deux parties dans le même fichier (chaque partie étant quand même identifiée, mais on peut partager des fonctions entre les deux). Vous pouvez également scinder ce fichier, la convention étant de créer un dossier ‘client’ et un dossier ‘serveur’ qui contiennent vos fichiers.
Base de données
Par défaut, c’est une instance MongoDB qui est lancée pour la persistence. MongoDB est une base NoSQL, orientée document, dont l’API est en javascript. Cette API est d’ailleurs disponible aussi bien dans la partie serveur que dans la partie cliente! Hein? Oui, en fait, Meteor va répliquer la base de données dans le navigateur, pour que vous puissiez manipuler un ensemble valide de données directement depuis le client (on imagine bien que ce système a des limites, mais n’est pas trop détaillé à ma connaissance).
Côté client
Le système de templating retenu est Handlebars par défaut, mais il est à priori possible de choisir son préféré. Pour le reste, le comportement ressemble à beaucoup d’autres frameworks à la Backbone : vous définissez à quels ‘events’ vont réagir vos objets et la façon dont ils vont réagir. Pour manipuler le DOM vous pouvez utiliser votre bibliothèque favorite (en interne Meteor utilise JQuery). Ce qui est intéressant c’est qu’une action côté client n’attend pas forcément la réponse du serveur : elle va effectuer son action immédiatement (en simulant la requête, puisque votre base de code fonctionne aussi bien côté client que côté serveur). Quand le serveur renvoie sa réponse, le client compare les résultats et se met à jour en conséquence. Cette fonctionnalité s’appelle la ‘compensation de latence’ et permet également de faire fonctionner Meteor en offline : si votre serveur est indisponible, le client va effectuer tous les traitements localement, donnant l’impression que tout fonctionne normalement. Lorsque la connection est rétablie, les requêtes en attente sont jouées sur le serveur et le client se met à jour. Ce mécanisme est détaillé par l’un des développeurs sur stack overflow.
Le protocole de communication client serveur est de leur cru et baptisé DDP (ce n’est donc pas du REST par exemple, bien que les développeurs indiquent qu’il est simple d’adapter DDP pour en faire du REST, ou le connecter à d’autres protocoles, mais cela manque un peu de doc là encore).
Packaging
Meteor vient avec son propre système de gestion de dépendances et de packaging. C’est bien fait et efficace mais cela ne s’appuie pas sur NPM qui est pourtant devenu le standard de facto de la communauté Node, et qui s’avère très très pratique. Un choix un peu discutable donc. Un certain nombre de packages sont déjà disponibles, dont backbone ou less par exemple. Côté déploiement, c’est vraiment efficace : un simple “meteor deploy” pousse votre application sur le service de hosting maison de Meteor (sur une url etant par défaut lenomdemonappli.meteor.com). Il est possible de sécuriser le déploiement de l’application avec un mot de passe (option -P).
Sécurité
L’un des points non traités pour l’instant, et non des moindres, est la partie sécurité/authentification. Pour cette version, on ne peut tout simplement rien faire dans ce domaine, donc une application mise en ligne peut voir sa base de données vidée en quelques secondes (l’API de la base étant exposée côté client, une petite requête dans la console javascript et c’est plié).
Licence
Un dernier mot sur la licence : Meteor est en GPL, licence virale par excellence. Donc tant que vous faites vous aussi du GPL et que vous redistribuez votre code pas de soucis, sinon vous êtes encouragés à contacter l’équipe de Meteor (entendez, éventuellement payer) pour une utilisation commerciale. Ca n’est pas fondamentalement gênant, et on comprend bien qu’ils veulent gagner leur vie. Bien d’autres outils connus utilisent cette double licence (MySQL par exemple), mais c’est finalement assez peu courants dans les projets Javascript, qui ont habituellement des licences plus permissives. La question qui se pose est : est ce que cela va limiter l’adoption et les contributions à Meteor? Cet article vous expliquera tout ça mieux que moi si le sujet des licences vous intéresse.
Edit : depuis l’écriture de ce post, la licence est passée en MIT. Comme quoi, le pouvoir de la communauté…
J’espère que cet article vous aura fait partager mon enthousiasme pour Meteor, bien que j’explique également les quelques choix qui font débat. Le meilleur moyen de vous faire votre avis est vraiment de regarder les quelques screencasts disponibles. Il y a d’excellentes idées dans cet outil, et nous allons voir de plus en plus de frameworks nous offrir ce genre de fonctionnalités pour faire des applications web bien différentes de ce que nous faisons actuellement.
Mix-it 2012 : toutes les sessions et pourquoi !
L’une des tâches les plus intéressantes quand on organise une conférence reste la confection du programme. Pour Mix-it, ce programme est fait en deux phases. Tout d’abord il y a les speakers que nous invitons : nous passons quelques semaines a spammer les personnes que nous avons envie de faire venir ou à chercher des speakers sur des thèmes précis que nous souhaitons voir aborder. Quand je dis spammer, c’est vraiment spammer, aussi parce que nous tentons d’avoir des personnes très connues (Oui je pense à toi Joel Spolski!) pour une conférence assez petite dans une ville pas forcément très connue à l’international. Parfois nous n’avons pas de réponse, parfois un non très clair et des remerciements, ou une façon plus “subtile” de le dire (“je viens mais je facture la prestation 50000€, plus les frais de déplacement bien évidement”). Et, parfois (souvent), le speaker accepte ! Et nous voilà avec un programme qui nous fait très plaisir, surtout avec notre objectif de rester une conférence avec un prix d’entrée abordable. Comme nous passons du temps à chercher les speakers, ce sont parfois des noms que vous ne connaissez pas mais je peux vous assurer qu’ils déchirent !
Faisons un petit tour des speakers invités :
- Pamela Fox : l’une des premières à avoir accepter notre invitation. Cette fille est une ancienne dév Google à Mountain View, sur Maps puis Wave. Ce qui déjà, amène un certain respect. Elle était de plus Google Advocate, c’est à dire qu’elle représentait Google dans les conférences. Elle a maintenant lancé sa propre startup, où elle réalise tous les développements dont une application mobile multi plateforme utilisant un framework qui fait du bruit : Phonegap. Nous sommes très heureux de la voir accepter de venir depuis San Francisco pour en parler, et cela s’annonce passionnant.
- Petra Cross : est, elle, encore chez Google, où elle fait partie de l’équipe qui développe App Engine. Et comme Mix-it a l’agilité dans ses gènes, elle viendra nous parler de la façon dont Google en fait. Je trouve particulièrement intéressant de voir comment les teams de devs utilisent les méthodes agiles chez Google et notamment leur workflow de développement et release.
Ne serait-ce que pour ces deux talks, vous en avez pour vos 30€ (repas et goodies compris), non ? Mais ce sont seulement 2 des 30 speakers. Dans les invités, nous comptons également :
- Pieter Hintjens, l’un des leaders du projet ZeroMQ et des rédacteurs de la spécification AMQP. Il nous serait difficile de faire meilleur speaker pour parler de messaging, ZeroMQ ayant une approche innovante dans le domaine en étant brokerless !
- Parce que nous voulions parler de Node, mais en parler avec quelqu’un qui connaisse vraiment le sujet, nous avons le plaisir d’accueillir l’un des rares core committer Node.js européen, j’ai nommé Felix Geisendorfer ! En plus de posséder une solide expérience technique sur le sujet, il a également lancé une startup dont Node est la principale brique technique. Il nous parlera de javascript côté serveur et si cette solution est vraiment plus scalable que d’autres technologies. Et y a-t-il sujet plus chaud en ce moment ?
Je pourrais vous parler des 10 autres invités, mais je vois que ce post est déjà plus long que prévu… Bref, il nous restait alors 11 places. C’est là qu’entre en jeu le call for paper, sachant que ni les sponsors, ni les amis ne bénéficient de faveurs. Nous avons eu 64 propositions de talks! Et très peu ne nous plaisaient pas! La soirée de choix a donc été agitée. Il n’a pas toujours été simple de trancher, et nous avons essayé d’expliquer aux speakers refusés pourquoi, individuellement. Mais nous avons enfin notre programme, avec du Play! 2 (par l’un de ses développeurs), du Kanban, du Hadoop, du MongoDB (par une startup qui l’utilise tous les jours), du Devops (par une entreprise qui en fait tous les jours)… Ce genre de session avec un retour d’expérience concret nous intéresse beaucoup, et je suis sûr qu’elles vous plairont.
Une programmation dont nous sommes très contents ! Amis lecteurs, j’espère vous voir nombreux le 26 Avril (Lyon, c’est pas loin, 30€ c’est pas cher et c’est éligible au DIF, pas besoin de poser de congés) !
Cloud9, Coding node.js in the cloud
Coder du javascript, ca n’est pas forcément simple, et on a toujours besoin d’un bon outil. C’est pourquoi je veux vous parler d’un IDE que j’ai utilisé récemment, et qui change un peu d’Eclipse et d’IntelliJ : Cloud9.

Cloud9 est un IDE un peu particulier : comme son nom le laisse supposer c’est un environnement de développement web-based, open source, écrit en javascript pour faire du javascript. Le back-end est d’ailleurs écrit en node.js, le front est html5 et le tout utilise massivement les websockets, que du hype! Votre code est donc accessible depuis n’importe quel poste de travail, pour peu que vous ayez une connection web, évidemment.
Pour tester rendez vous sur c9.io ou installez le directement dans votre navigateur si vous utilisez Chrome (si vraiment vous n’aimez pas votre navigateur, vous pouvez également récupérer les sources et lancer l’IDE en local). Une fois installé, il faut se connecter : pour cela vous pouvez utiliser votre compte Github ou Bitbucket, ou encore créer un compte cloud9. Le projet utilisé pour cette série d’article étant hébergé sur Github, j’utiliserais donc cette option.
Une fois connecté vous arrivez sur une page d’accueil qui liste les projets de votre compte Github. Pour commencer à travailler, il faut créer ou cloner un projet. La création permet d’héberger son projet directement sur Github, Bitbucket ou un ftp (bientôt sur Dropbox également). Cloud9 adopte un modèle de fonctionnement à la Github : si votre projet est public, l’utilisation est gratuite, si vous voulez faire un projet privé, il faut payer (15$ par mois).
L’IDE permet également de créer des contextes : en haut à gauche, cliquez sur ‘Active context’. Ces contextes permettent de changer rapidement entre vos projets et également de gérer l’aspect collaboratif : il est possible d’ajouter des membres aux différents projets et de travailler à plusieurs (avec modifications temps réel et chat intégré).
Pour faire simple, nous allons cloner le projet du précédent article, pour cela, cliquez sur le ‘+’ à côté de ‘My project’ puis choisissez ‘clone from url’. Entrez alors l’adresse du projet shares : git://github.com/cexbrayat/shares.git. Une fois que Cloud9 a terminé de cloner le projet, on peut commencer à coder en cliquant sur ‘Start editing’ !
La fenêtre qui apparaît ressemble à un IDE traditionnel avec barre de menu, explorateur de fichier et zone d’edition. En bas la zone de saisie sert de console. Si l’on ouvre le fichier app.js, on voit que la coloration syntaxique est présente et agréable. La complétion est elle aussi disponible (et très pratique, mais si elle n’est pas exempte de quelques errements). Le code est également analysé en fond, et des indications vous sont données pendant l’édition. On peut voir par exemple qu’un point virgule est manquant sur la ligne 42 avec un petit warning dans la marge. Beaucoup de raccourcis clavier traditionnels sont disponibles, le debug, l’inspection des variables, bref tout ce dont nous avons besoin. Il est même possible d’ajouter des extensions (et d’en créer) ou de modifier les thèmes (IdleFinger ou Monokai sont assez sympas).
La où Cloud9 se distingue c’est qu’il est réellement pensé pour créer du code et le tester depuis n’importe quelle machine, et particulièrement pour du code node.js. L’intégration de différents composants vont en faire l’un de vos nouveaux amis :
- Github : la ligne de commande (zone de saisie tout en bas de l’écran) vous permet de saisir vos commandes git, avec une autocomplétion bien pratique. Vous pouvez donc directement commiter vos modifications, créer vos branches etc…
- NPM : le gestionnaire de dépendances de node est déjà installé ! Le projet utilisant les modules express et jade, il faut donc les récupérer, pour cela entrez dans la ligne de commande ‘npm install’ et voilà le projet prêt à être lancé.
- Node : évidemment node.js est déjà installé, vous pouvez donc lancer votre projet directement depuis votre navigateur en cliquant sur ‘run’ et en indiquant le fichier principal ‘app.js’. Le projet démarre alors et une url s’affiche en console (pour moi http://shares.cexbrayat.cloud9ide.com/) et me permet d’accéder au projet (ainsi qu’à n’importe qui, voilà qui va simplifier les démos!). La seule modification qu’il soit nécessaire de faire pour lancer le projet est de modifier le port de lancement de l’application par la variable d’environnement process.env.C9_PORT
- Le déploiement : une fois votre application prête pour le monde, vous pouvez la déployer directement depuis cloud9 vers une instance joyent ou heroku.
Les seuls reproches que je lui ferais sont le manque d’outils pour le refactoring et quelques rares plantages (pas beaucoup plus qu’un Eclipse traditionnel cependant. Un troll, où ça ?).
Vous voilà à deux clics de commencer à coder votre première application node.js, sans avoir besoin d’installer moults outils : vous n’avez plus d’excuse pour ne pas essayer !
Trello, encore un peu de Node.js
Cette semaine (le 13 Septembre exactement), FogCreek a annoncé un nouvel outil. Peut être ne connaissez vous pas FogCreek : c’est la société de Joël Spolsky, aussi fondateur de StackOverflow et auteur de l’excellent blog, Joël on Software.
L’outil s’appelle Trello et sert à gérer les différentes tâches de vos projets, à la manière d’un whiteboard avec post-it que l’on deplace. Vous pouvez créer une nouvelle tache, représentée par une carte, l’assigner a un utilisateur, commenter cette tache, y ajouter une liste de choses a faire (avec une barre de progression qui se remplit au fur et a mesure que chaque item de la liste est effectué). On peut également déplacer ces taches entre les différentes colonnes, y ajouter des pieces jointes, des labels, tout ca avec des raccourcis claviers! Lisez le billet de Spolsky a l’occasion du lancement pour avoir plus de détails sur les usages qu’il est possible d’en faire : FogCreek utilise par exemple un ecran 42 pouces pour afficher Trello dans leurs locaux! Un autre article en français si vous êtes allergique à la langue de Shakespeare.
Mais surtout Trello est gratuit, donc foncez vous inscrire et essayer ! On l’utilise depuis quelques jours sur un petit projet, c’est très pratique et fun.
Si vous avez lu le titre de l’article, vous savez que je ne voulais pas seulement vous parler de l’outil Trello, mais aussi des technologies qu’il utilise. Essayez d’accéder à Trello depuis votre téléphone ou de réduire votre écran : la CSS est très bien faite et s’adapte parfaitement quelque soit la résolution d’écran. Un coup de Firebug plus tard, je me suis rendu compte que de plus ca sentait l’application Node.js à plein nez. Effectivement après quelques recherches plus poussées, j’en suis arrivé à une conclusion qui s’est trouvée confirmer par un employé de FogCreek sur son Twitter.
La stack compléte semble être :
- Node.js.
- Module Express.
- Module Async qui permet de faire de l’asynchrone en Javascript (ajoute des focntions map, reduce, filter et du contrôle de workflow).
- Backbone.js et Underscore.js (je vous laisse lire les très bon articles de Philippe Charrière) pour le MVC côté client.
- La partie CSS utilise le module Less (c’est l’objet de mon prochain article).
- Utilisation massive des websockets grâce à Socket.io (vous pouvez le voir en ouvrant de multiples onglets et observer les modifications qui se répercutent – article à suivre également).
- CoffeeScript pour simplifier l’écriture du Javascript et JQuery.
- MongoDb avec Mongoose pour les données persistantes.
- Redis pour les données non persistantes du type session.
- Pour le debug, Node Inspector est évoqué.
A priori le mot d’ordre chez FogCreek c’est de ne pas utiliser une techno qui a plus de 2 ans : so hype ! Spolsky devrait écrire quelques articles dans les prochains jours sur le pourquoi de ces choix, je vous conseille de suivre le blog de Trello si cela vous intéresse. Dans tous les cas, voilà peut être la killer-app de Node.js.
Edit 19/01/2012 : l’article est enfin sorti et confirme la stack décrite ici, enjoy!
Node, Express et Jade
Après un article de présentation et un premier “Hello world”, passons à la suite. Nous avons créé un serveur http basique. Pour créer une véritable application web, il reste encore du travail, à minima créer des pages qui seront renvoyées par le serveur. D’où notre travail du jour :
- créer les vues de l’application,
- créer le routage des requêtes afin de renvoyer la bonne vue.
L’idée est de créer un affichage du cours des actions d’une bourse virtuelle. Pour cela, on ne va pas tout faire nous même. En avant !
Quand je vous disais que Node.js fourmillait de modules, je ne mentais pas. Différentes solutions de moteur de template s’offrent à vous, ou mieux des frameworks web (qui s’appuient donc sur des moteurs de templating, mais aussi des modules CSS, de routage etc…).
Express est probablement le framework le plus connu et utilisé. Développé par le talentueux TJ Holowaychuk, Express s’appuie sur Connect (un framework de serveur http qui regroupe un ensemble de middleware, inspiré de Rack). Le toujours très bon site howtonode en donne une explication intéressante.
Il utilise par défaut le moteur de template Jade mais d’autres sont également disponibles.
Bien d’autres solutions de frameworks web existent et vous allez trouver des fans de chacune. Si vous avez un module préféré, n’hésitez pas à le signaler en commentaire.
Suivons donc la hype, et découvrons Express et Jade!
Installation express
Comme souvent on trouve moult ressources pour bien installer Express. Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille d’installer npm (Node Packet Manager), utilitaire très pratique qui se charge de récupérer pour vous les modules que vous voulez et de les installer (vous avez dit Maven ?). L’installation d’Express par NPM se fait alors en une ligne de commande. Une fois Express installé, créez un nouveau projet ‘shares’ avec la commande
express shares
Si vous explorez le dossier créé (ou directement sur Github ), vous trouvez une architecture typique projet web a la Rails/Grails/Play! :
- un fichier package.json équivalent à un pom.xml
- un dossier views pour les vues de l’application
- un dossier public qui contient les différentes ressources (images, styles, js)
- un fichier principal app.js
Ce dernier nous intéresse plus particulièrement, on y trouve deux parties intéressantes :
- la partie Configuration avec déjà quelques modules déclarés
- la partie Routes, qui permettra de définir quelle vue sera renvoyée pour une route donnée.
Le serveur est lancé sur le port 3000, donc si vous avez bien suivi un
node app.js
suivi d’un saut dans le navigateur vous amène à une belle page d’accueil.
Non ? Alors il vous manque peut être quelques modules : comme on le ferait pour un build Maven il faut récupérer les dépendances du projet avant de pouvoir travailler.
npm install -d
s’en charge pour vous. On relance le serveur et voilà !
Ma première route
Nous allons modifier la route existante pour la remplacer par une a nous
app.get('/', function(req, res){
res.render('shares', {title : 'Shares', shares : shares});
});
Ainsi une requête sur l’url de notre serveur renverra la vue shares à laquelle nous passons un ensemble de variables (qui seront utilisées pour générer la vue d’après le template comme nous allons le voir incessamment).
Ces variables sont donc le titre de la page et un objet qui représente un tableau d’actions, que nous devons donc définir.
var shares = [{name:"Google",price:120}, {name:"Apple",price:132}, {name:"Microsoft",price:92}]
Chaque action est un objet simple composé d’un nom et d’un prix.
Les routes peuvent également récupérer des paramètres de l’url : si on ajoute une route comme la suivante
app.get('/:name', function(req, res){
res.render('shares', {title : req.params.name,
shares : shares.filter(function(share){return share.name.toLowerCase() == req.params.name.toLowerCase()})});
});
alors accéder à la page ‘/google’ donnera une page dont le titre est ‘google’ et la seule action listée celle de … Google.
Vous pouvez voir le code modifié ici.
Passons maintenant à l’écriture de ce template !
Un moteur de template qui envoie
Quel que ce soit votre langage/framework préféré, si vous faites du web, il faut bien écrire les pages html. Et il faut reconnaître que c’est rarement la partie la plus excitante, il faut penser à bien fermer ses balises, à choisir des ids et des classes pertinents, tout en se préparant à la grande bataille du CSS qui s’annonce. Boring…
Les rubyistes ont souvent de bonnes idées et on en trouve dans Rails notamment par poignée (quand on est un profane et curieux comme moi, la série de screencast Railscast est une bonne ressource pour découvrir et se tenir informé). L’une de ses bonnes idées se nomme Haml et sa devise donne le ton : "markup haiku". Haml vise à remplacer les gros templates hideux par quelque chose de plus léger (poétique serait quand même un peu exagéré…). Mais nous ne sommes pas là pour parler Ruby. En revanche Haml a un successeur spirituel dans le monde Javascript et il s’agit de Jade (écrit par le même développeur qu’Express, qui est décidément un garçon très occupé). Le plus simple pour comprendre est de voir ça en action.
Vous avez devant vous votre IDE/éditeur de texte préféré, page blanche et vous entrez
html
Une fois compilé par Jade, ce tag se transforme en
<html></html>
Vous voulez ajouter une div avec un id
div#price 12 euros
va donner
<div id=”prices”>12 euros<div>
ou encore plus simplement
#price 12 euros
car le tag par défaut est une div.
On peut également ajouter une classe
div.prices
ou
.prices
donnera
<div class=”.prices”></div>
Besoin d’ajouter un attribut ?
a(href=’/prices’) Prices
donne
<a href=’/prices’>Prices</a>
Oh et j’oubliais, la déclaration de doctype s’écrit avec un ‘triple bang’ (!!!)
Nice ? Un peu de dynamique maintenant. Si nous avons un article avec un prix, et que l’on passe cet objet au template suivant :
#price #{item.price} euros
nous obtenons
<div id=”price”>12 euros</div>
Ces deux screencasts vous emmèneront un peu plus loin dans la découverte si vous le désirez.
Vous avez maintenant installé Express et eu un aperçu de Jade. Il est temps de faire notre premier template Jade pour Express.
Si vous ouvrez le fichier layout.jade présent dans le répertoire view vous trouvez :
!!! html head title= title link(rel='stylesheet', href='/stylesheets/style.css') body!= body
On retrouve la déclaration de la doctype (triple bang), les balises html, head et body bien connues. On voit également comment s’effectue le chargement d’un style, et l’utilisation de la variable title passée en paramètre du template. A l’instar de Ruby, l’indentation est significative : un bloc indenté est un sous bloc du bloc précédent.
Ce layout est utilisé a chaque appel, et body sera remplacé par le template appelé (le template shares dans notre exemple).
Le template index.jade contient la page d’accueil. Elle ne nous sera plus nécessaire nous pouvons la supprimer. En revanche il nous faut créer la vue shares. Pour cela on peut créer un fichier shares.jade ou un dossier shares contenant un fichier index.jade. Cette deuxième méthode est retenue car nous allons utiliser plusieurs fichiers pour cette vue et ils seront regroupés dans ce dossier par soucis de lisibilité.
Voici a quoi va ressembler votre fichier index.jade
h1 Share's price
.shares
!= partial('share', shares)
La balise h1 contiendra le texte “Share’s price” puis une div avec la classe shares contiendra une “vue partielle”. Cette déclaration permet de façon simple de dire au template que pour chaque action de la collection ‘shares’ passée en paramètre, il faudra effectuer un rendu particulier. Ce sous template est créé dans un template annexe nommé ‘share.jade’ :
.share
.name #{share.name}
.tag
.price(id=share.name) #{share.price}$
Ce template va être appelé pour chaque action, et pour celle-ci va créer une div de classe ‘share’ contenant une div ‘name’ avec le nom de l’action et une div ‘tag’ pour le prix. Cette dernière div contient une div ‘price’ dont l’identifiant est dynamique (pour les besoins du prochain billet) et le prix en $.
Si on relance le serveur vous devez avoir à l’écran la liste des actions !
Et pour tester la deuxième route, si l’on accède à la page ‘/google’, nous obtenons :
Vous pouvez récupérer les sources de cet article sur Github
git clone git@github.com:cexbrayat/shares.git
Pour lancer l’application
npm install -d node app.js
Jade commence à se répandre, on trouve ainsi Scalate qui s’appuie dessus et est disponible comme moteur de template pour vos projets java (on trouve aussi un module Play!). C’est un outil très intéressant et pratique, à suivre et surveiller!
La prochaine fois on découvrira plus en avant Express et on parlera CSS !




